Selon un sondage auprès de plus de 70’000 lycéens aux Etats-Unis, 95% reconnaissent avoir triché une fois ou l’autre pendant leurs études. 43% d’entre eux avouent tricher aux examens. (Source academicintegrity.org)

Est-ce que ces chiffres sont transposables dans la réalité européenne ? Peut-être bien, mais la véritable question à se poser à mon sens serait plutôt de chercher à comprendre les causes d’un tel engouement pour la tricherie…

Diverses recherches ont démontré que la technologie facilite et normalise la tricherie. Les smartphones transforment les apprenants d’aujourd’hui en des êtres augmentés en leur donnant un accès facile et immédiat à n’importe quelle ressource en ligne. Tricher n’a jamais été autant facile alors que la démasquer n’a jamais été autant difficile !

Mais comment expliquer ce manque d’éthique flagrant chez une majorité d’apprenants ? Selon un professeur de la Rutgers University Business School, 60% des étudiants ayant reconnu avoir triché, considèrent le plagiat digital comme n’étant pas une tricherie en soi.

Mais alors quelles stratégies adopter pour réduire la tricherie ? En voici quatre qui semblent prometteuses :

  • Développer la métacognition, soit la capacité à réfléchir sur sa propre pensée. La métacognition peut aider les étudiants à transformer leurs motivations, leurs buts et leurs actions.
  • Viser une évaluation formative progressive, de type portfolio, pour développer l’esprit critique, la réflexivité et amener l’étudiant à démontrer l’atteinte des objectifs d’apprentissage. Les tests sommatifs, de type Questionnaires à Choix Multiples, favorisent quant à eux la tricherie.
  • Faire une distinction entre la personne et la performance. Valoriser des apprenants en leur disant qu’ils sont doués dans telle ou telle branche augmenterait la tricherie. La recherche en psychologie de l’apprentissage (Carol Dweck) nous apprend qu’il est préférable de valoriser l’effort plutôt que le résultat.
  • Créer des conseils d’honneur pour donner aux étudiants la possibilité de renforcer les codes d’honneur et de définir quels sont les bons comportements à adopter pour éviter le plagiat.

En cette période d’examens, même s’il est nécessaire de continuer à combattre le plagiat en prenant des mesures appropriées, il me semble utile de comprendre ce qui motive la tricherie et quelles stratégies mettre en place pour la combattre !

Bain, L., (2015) ‘How Students Use Technology to Cheat and What Faculty Can Do About It.’ Dans ISEDJ, Information Systems Education Journal. Volume 13