Prenez-vous le temps de connaître vos étudiants?

Les étudiants, au cœur de tout enseignement (on a parfois tendance à l’oublier), ont un profil d’apprenant spécifique, des besoins, des attentes, des forces et des faiblesses propres. De futurs ingénieurs n’ont pas les mêmes attentes que de futurs économistes ou de futures sages-femmes, et cela même s’ils doivent tous suivre un cours de méthodologie avec des objectifs d’apprentissage identiques…

Dans la perspective de créer une cohérence pédagogique (Biggs, 2003, Lebrun 2009) de mon cours en mode pédagogie inversée j’ai à cœur de tenir compte non seulement des objectifs pédagogiques à atteindre, mais également de la méthode d’enseignement la plus appropriée et de l’évaluation des connaissances. En point de mire à cette cohérence pédagogique indispensable à tout enseignement, il faut veiller à ne pas perdre de vue les étudiants, au cœur du système! Mais les connaissons-nous vraiment? Mes étudiants, de futurs ingénieurs, ont souvent une expérience professionnelle antérieure, certains d’entre eux ont eu une scolarité obligatoire difficile qui les a conduits à arrêter leurs études et revenir sur les bancs d’université représente un défi certain pour eux. La classe inversée, qui est mon intention pédagogique, offre un cadre sécurisant, dans lequel les erreurs sont bienvenues et même exploitées pour déconstruire les idées fausses et construire un savoir vivant.  De plus, pour avoir expérimenté ce contexte, la pédagogie inversée donne une très grande flexibilité, offrant la possibilité d’un enseignement individualisé et ciblé.

En début d’année académique, je convié chacun de mes étudiants à un entretien individuel d’une dizaine de minutes afin de faire connaissance et de comprendre le parcours, les besoins et les attentes de chacun d’entre eux.

Les questions à se poser :

Qui sont mes étudiants ? Quels sont leurs besoins ? Quels parcours scolaires ? Quels échecs et quelles réussites ? Quelles attentes vis-à-vis de leurs études et de mon cours en particulier ? Quels sont les objectifs d’apprentissages qu’ils devront atteindre ? Quel type d’enseignement individualisé vais-je pouvoir offrir ? Et comment ? Comment vais-je pouvoir vérifier en cours de route qu’ils atteignent les objectifs d’apprentissage ?

A la lumière de ce qui vient d’être décrit, il semble évident que la pédagogie inversée, peu importe la forme qu’elle prend, correspond à une évolution majeure de l’enseignement supérieur et prend en compte la dimension des millenials (nés à partir de l’an 2000). Nous entrons dans une ère nouvelle en matière d’enseignement supérieur et les possibles dépassent fort probablement les obstacles dans notre quête de fournir aux étudiants une expérience d’apprentissage positive, qui leur servira tout au long de leur existence. Pour y parvenir, il faut commencer par apprendre à les connaître!

Dumont,A., Berthiaume, D., ‘La pédagogie inversée’ (2016) De Boeck

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