Motiver les apprenants

Il y a peu de sujets aussi brûlants en pédagogie universitaire que celui de la motivation des étudiants. Les enseignants du supérieur sont souvent désarmés face au manque d’engagement de leurs étudiants. Ce désengagement peut se traduire de différentes manières : absentéisme, accès aux réseaux sociaux pendant les cours, et tout autre activité que l’enseignant perçoit comme n’étant pas en phase avec son enseignement.

Tous les enseignants souhaitent voir leurs étudiants motivés à apprendre, toutefois on constate que la majorité d’entre eux ont une approche stratégique qui se résume par l’équation suivante : ‘comment en faire le moins possible dans ce cours pour réussir le mieux possible ?’.

Mais qu’est-ce que la motivation et comment la stimuler chez les apprenants ?

On distingue deux types de motivation, la première est la motivation intrinsèque qui est interne et dépend de l’étudiant. La seconde est la motivation extrinsèque qui est externe et ne dépend pas de l’étudiant. Les étudiants dont la motivation est extrinsèque vont s’engager dans leur apprentissage dans le but d’obtenir un résultat, une reconnaissance, ou l’approbation d’autrui, l’enseignant ou l’entourage proche. En revanche, les étudiants dont la motivation est intrinsèque s’engagent dans l’expérience d’apprentissage pour le sens qu’ils accordent à celui-ci et non pas pour une récompense externe.  Ces étudiants-là apprennent pour le plaisir d’apprendre et ont développé une auto-détermination d’apprenant indépendant. J’ai souvent pu observer que ces étudiants-là rassurent les (mauvais) enseignants à tort, car en réalité ce sont des apprenants indépendants qui pourraient apprendre en parfaite autonomie. Le défi à relever par les enseignants du supérieur est de réussir à motiver les étudiants stratégiques pour les faire passer de la motivation extrinsèque à la motivation intrinsèque, tout un programme !

La formule de la motivation intrinsèque en pédagogie universitaire est la suivante :

Mi = Cp x Va

La motivation intrinsèque est égale au sentiment de compétence de l’étudiant, telle qu’il le perçoit multipliée par la valeur de la tâche attendue de lui. En d’autres termes, si l’étudiant a l’impression que la tâche est soit trop facile, soit trop difficile, il ne sera pas motivé à l’effectuer, car une tâche trop facile engendre l’ennui et une tâche trop difficile la frustration. L’autre paramètre concerne la valeur accordée à une tâche, si l’étudiant n’y voit pas l’intérêt pour son avenir professionnel et n’arrive pas à faire de liens avec des problématiques bien réelles, il sera là aussi démotivé.

Prendre le temps de donner du feedback de manière constructive et individualisée sur les travaux des étudiants est une manière que j’ai adoptée pour tenter d’augmenter la motivation de mes étudiants. J’essaie également de faire des liens, ou mieux encore de les amener à faire des liens, entre leur expérience d’apprentissage et leur vie professionnelle future. Plus que jamais, la question du sens est au cœur de la motivation, et donc in fine de l’apprentissage !

Viau, R. (2009) La motivation en contexte scolaire. De Boeck

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