Une étude de Microsoft Corp. (2015) révèle que l’attention des étudiants serait de huit secondes par minutes. A titre de comparaison, Microsoft rappelle qu’un poisson rouge peut rester concentré jusqu’à 9 secondes…

Il semblerait que le rapport au temps des générations actuelles soit différent de celui des générations précédentes, une grande majorité des moins de 25 ans reconnaissent avoir des difficultés à rester inactif pendant une minute. Cette difficulté à se concentrer rend la tâche de l’apprentissage encore plus difficile pour les apprenants d’aujourd’hui qui sont confrontés à l’émergence de sollicitations technologiques qui focalisent l’attention. Ce constat est largement partagé par la communauté des enseignants qui observent une baisse du temps d’attention pendant les cours et se trouvent bien souvent démunis face à cette problématique !

Mais qu’est-ce que l’attention et comment la favoriser ?

Le cerveau ne peut se connecter à tout en même temps et il doit faire des choix comme l’illustre bien le test du gorille développé à Harvard University. (Ce test consiste à regarder attentivement une vidéo ou deux équipes de joueurs de basket se lancent un ballon et de compter les passes dans l’une des deux équipes. Pendant la partie, un gorille traverse la scène mais rares sont les observateurs à le remarquer !)

Le principe de sélectivité fait que notre cerveau ne peut se connecter à tout en même temps et il doit faire un choix afin de porter l’attention sur un aspect bien précis afin de permettre la mise en place d’un filtre. Ce filtre est indispensable car il va permettre d’éviter de se laisser distraire. Par ailleurs, on est d’autant mieux concentré, attentif quand on a une intention claire. La clarté des consignes et la cohérence des objectifs d’apprentissage facilitent la mise en place de filtres qui favorisent la concentration.

Si l’on prend la métaphore du kitesurf, le kitesurfeur va comprendre les forces qui bousculent sa planche et agissent sur sa voile et apprendre à y réagir, il va se fixer un cap et le suivre. Il va en quelque sorte se déconnecter de son environnement pour mieux se reconnecter sur les informations dont il a besoin pour avancer sur l’eau.

Dans les systèmes éducatifs actuels, on part trop souvent du principe que les étudiants sont attentifs sans toutefois réellement leur expliquer comment faire !

Il me semble utile et intéressant de développer des stratégies d’enseignement qui intègrent des pauses réflexives, afin d’amener les étudiants à réfléchir sur leurs apprentissages, voire à méditer pour apprendre à se concentrer !

Lachaux J-P. Le Cerveau attentif: Contrôle, maîtrise et lâcher-prise. Paris: Odile Jacob; 2013. 385 p