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J’enseigne avec Google +

Selon une étude récente, les étudiants passent en moyenne 4.3 heures par jour sur internet, le saviez-vous ? Des tutoriels, forums, sites internet, vidéos, logiciels constituent leur environnement personnel de loisirs et d’apprentissage. Plus la peine de s’embarrasser d’un dictionnaire pour traduire un mot ou donner une définition, certains sites internet s’en chargent très efficacement et vont parfois même jusqu’à proposer la prononciation des mots et des traductions approximatives de textes qui en permettent la compréhension globale. Lorsqu’ils rencontrent un problème d’apprentissage, les étudiants cherchent en premier lieu une vidéo ou tutoriel pour les aider dans leur compréhension, de leur propre aveu, ils n’ouvrent pour ainsi dire jamais les livres onéreux qu’ils ont dû acheter en début d’année académique. Mes étudiants, de futurs ingénieurs, sont familiers de khanacademy.org alors que certains de leurs enseignants en ignorent même l’existence ! Ce qui signifie un environnement d’apprentissage, éclaté au contraire des Learning management system (LMS), centralisé. Certains auteurs (Terry AndersonRon LubenskyMark van Harmelen) mettent en avant l’aspect numérique du système (logiciels, applications, service web) tandis que d’autres (Clive Shepherd…) y ajoute les ressources physiques (famille, amis, livres, magazine, journal, télévision…). Dans les différents définitions, le même objectif d’un EAP apparaît : construire et gérer soi-même ses apprentissages, se prendre en main. Le formateur Marc Dennery résume l’EAP comme l’« ensemble des outils et méthodes à disposition de l’apprenant lui permettant de réussir ses objectifs d’apprentissage » (source Wikipédia).

Dans ce contexte où l’EAP, l’environnement d’apprentissage personnel (le PLE anglais, personal learning environment) constitue l’environnement d’apprentissage privilégié de la génération Y, née entre les années 80 et 2000 (Davidenkoff, 2014). Selon moi, il devient incontournable pour les enseignants de s’approprier les mêmes outils technologiques que leurs étudiants. Forte de ce constat, je me suis familiarisée avec Google+ pour en faire un environnement d’apprentissage qui parle à mes étudiants et qui les engage  dans des activités à distance. Tout d’abord timidement, j’ai déposé des documents sur google drive, puis je leur ai demandé de travailler de manière collaborative sur les mêmes documents. A ma grande surprise, non seulement je n’ai pas eu besoin de donner des explications sur la manière de procéder, mais en plus les étudiants se sont mis à suggérer des manières de faire plus évoluées, avec conception et intégration de podcasts faits par leur soins. Notre page google+ est devenue un lieu d’échange, de discussions, de partage de vidéos en lien avec la matière enseignée. Je n’ai jamais dû intervenir en tant que modératrice, les choses se faisant naturellement, avec une éthique et un respect presque innés si j’ose dire.

Pourquoi Google+ ?

  • Parce que c’est facile et intuitif
  • Parce que c’est gratuit
  • Parce que c’est fiable
  • Parce que c’est un EAP familier aux étudiants

Cette première expérience s’est avérée concluante, je suis convaincue de la pertinence d’ajuster mon enseignement à l’environnement d’apprentissage de mes étudiants, et je me réjouis de la prochaine année académique afin d’optimiser l’expérience d’apprentissage de mes étudiants en utilisant des canaux auxquels ils sont familiers dès le premier jour de cours !  ‘Il n’y a pas si longtemps que cela, les enseignants avaient la garantie que ce qu’ils enseignaient serait utile à leurs étudiants pour leur vie entière. Aujourd’hui, en raison de la rapidité avec laquelle le monde change, les écoles doivent préparer les étudiants à des emplois qui n’existent pas encore, des technologies qui n’ont pas encore été inventées et des problèmes qu’on ignore encore !’ (Andreas Schleicher, Directeur Education OCDE)

Davidenkoff, E. (Ed.). (2014). Le tsunami numérique : éducation, tout va changer ! Etes-vous prêts ? Paris: Stock.