humiliation

Selon une étude de l’American Psychological Association parue en 2014, plus d’un étudiant sur deux dit avoir des angoisses, un sur trois se sentir déprimé et un sur dix ressentir des tendances suicidaires. Ce constat alarmant révèle un problème de santé publique que l’on ne peut plus ignorer. Un étudiant souffrant de stress est de plus en plus déprimé et irritable, a de la difficulté à se concentrer, n’aime plus ses études et est en danger ! (Sans compter les troubles du sommeil et les problèmes physiques graves tels migraines, troubles cardiaques, digestifs,..).

On peut observer 3 types de comportements révélateurs d’un danger de burnout chez les étudiants. En premier lieu, le désinvestissement de la vie estudiantine : les étudiants à risque évitent de participer à la vie sociale de leur école et vont plutôt avoir tendance à chercher à limiter au maximum les échanges et à se couper du reste du monde. En second lieu, un étudiant à risque ne parle pas de ce qu’il vit et met toute son énergie dans ses études jour après jour, dans un mode de survie. C’est l’engrenage pernicieux de la baisse de l’estime de soi et de la confiance dans ses chances de réussite. Et pour terminer, un étudiant à risque ressent un fort sentiment d’impuissance et a une vision négative du monde. En réalité, il broie du noir et est dans un état que l’on peut qualifier de dépressif.

Mais alors, qui sont les étudiants à risques et comment les aider ? Comment mettre en place des mesures de prévention ?  Quelles sont les bonnes pratiques dont les étudiants pourraient s’inspirer pour se protéger du syndrome d’épuisement professionnel ?  Et nous, enseignants, comment pouvons-nous aider nos étudiants à éviter ce piège redoutable ?

Pour ma part, je prends le temps de discuter de stress avec mes étudiants et les conseils que je leur  donne sont les suivants :

  • Planifiez votre temps de travail et surtout faites des pauses régulières, 10 minutes toutes les 2 heures, une vraie pause à midi et le soir et un jour par semaine de congé si possible. Un cerveau saturé ne peut plus emmagasiner, mieux vaut l’aérer, et une petite balade avant d’aller se coucher peut avoir un effet énorme pour améliorer la qualité du sommeil
  • Prenez de la distance avec la situation qui vous stresse et posez-vous la question suivante : ‘quelle est la pire issue possible si cela se passe pour mal pour moi dans cette situation ?’. Ce simple questionnement permet souvent de dédramatiser la situation.
  • Pratiquez la méthode de réduction du stress basée sur la pleine conscience (mindfulness). Cette méthode de gestion du stress développée par John Kabat-Zihn (1998) est au croisement de la méditation de tradition bouddhiste et de la thérapie cognitivo-comportementale. Les techniques de pleine conscience permettent d’apprendre à réduire la douleur physique ou émotionnelle, l’anxiété et à améliorer la qualité de vie et les relations. C’est un outil puissant pour changer la relation avec ses pensées négatives, et la rumination mentale. J’aime bien faire l’exercice du raisin de en classe pour permettre à mes étudiants d’expérimenter cette approche.

Je ne peux m’empêcher de penser au rôle de l’enseignant et à l’impact positif de la bienveillance à l’égard des étudiants. Un tel état d’esprit ne signifie pas pour autant diminuer ses exigences, c’est plutôt faire preuve de respect et d’empathie. Après tout, n’est-il pas légitime de créer un environnement d’études bienveillant et stimulant dans lequel les étudiants se sentent reconnus, accompagnés et dans lequel l’envie d’apprendre prédomine sur la peur d’échouer ?

http://www.apa.org/news/press/releases/stress/2014/stress-report.pdf

Dumont A, Rege-Collet N. (2014). La pédagogie de l’enseignement supérieur : repères théoriques et applications pratiques. Gérer son stress en milieu académique (Se développer au titre d’enseignant du supérieur ed. Vol. 2). Switzerland: Peter Lang.