Enseigner n’est pas apprendre!

Enseigner n’est pas apprendre… Il y a un nouveau paradigme dans l’enseignement supréieur depuis les années 90. On distingue en effet 3 grandes catégories de styles d’enseignement et 3 grandes catégories de styles d’apprentissage.

Du côté de l’enseignement :

Certains enseignants sont centrés sur la transmission de leurs connaissances et réfléchissent en termes de contenus et de la meilleure manière de délivrer leur savoir dans le temps imparti. On peut affirmer qu’ils sont dans un mode de transmission linéaire qui s’articule en trois étapes chronologiques, enseigner, apprendre et évaluer. Cette posture est parfois celle de jeunes enseignants du supérieur qui fonctionnent presque en mode survie pour préparer leur cours, enseigner et évaluer. Cette façon de faire évolue parfois vers une posture intermédiaire qui se concentre sur l’organisation d’un enseignement. Les questions que se posent alors les enseignants s’apparentent à celles-ci : ‘Quelles activités intégrer dans mon cours pour obliger mes étudiants à s’engager activement ? Comme puis-je m’y prendre pour éviter qu’ils ne soient passifs ?’ Là encore, cette posture peut évoluer vers une troisième qui ne se préoccupe ni de transmettre ni d’organiser des activités mais qui cherche à optimiser le temps en présentiel avec les étudiants. Les questions que se posent de tels enseignants s’apparentent souvent à celles-ci : ‘Comment vais-je m’y prendre pour m’assurer que mes étudiants atteignent les objectifs d’apprentissage ? Commet va-t-on ensemble évaluer ces nouvelles compétences ?’ Dans un tel cas, si les étudiants sont perdus après 15 minutes de cours, l’enseignant s’arrête et cherche d’autres moyens pour que l’apprentissage se produise.

Du côté de l’apprentissage :

Des études similaires ont été conduites et révèlent trois grandes catégories de styles d’apprentissage: apprentissage de surface, apprentissage stratégique et apprentissage en profondeur.

  • L’apprentissage superficiel est observé chez les étudiants qui cherchent à minimiser leurs effort et investissement personnel ou bien chez ceux qui ne savent pas comment faire autrement qu’apprendre par cœur.
  • L’apprentissage stratégique est observé chez des étudiants certes motivés mais qui n’accordent pas nécessairement beaucoup de sens à leur chemin d’apprentissage. Leur objectif premier est avant tout de réussir leurs études, et cela même si leur apprentissage reste en surface.
  • L’apprentissage en profondeur est observé chez les étudiants qui sont à la fois motivés par la matière et par le sens qu’ils donnent à leur apprentissage. Leur objectif va plus loin que réussir les examens, il vise à de développer intellectuellement et personnellement.

Dans un monde en constante évolution, la capacité à acquérir et développer de nouvelles compétences est incontournable. Notre rôle d’enseignants du supérieur est de créer des occasions d’apprendre et de permettre à nos étudiants d’acquérir des stratégies personnelles d’apprentissage efficaces et durables.

On a trop souvent tendance à oublier que l’apprentissage intervient très souvent en dehors des salles de cours. C’est à la fois rassurant (surtout pour les nouveaux enseignants) et cela rend humble ( même les enseignants chevronnés) … mais prouve une fois de plus que ce qui compte n’est pas enseigner mais apprendre !

https://www.youtube.com/watch?v=iMZA80XpP6Y

 

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