Pourquoi enseigner en mode TBL, team-based-learning, c’est-à-dire en mettant les étudiants en équipes de 4 ou 5 ? Les recherches en pédagogie universitaire démontrent l’intérêt de cette manière de créer des expériences d’apprentissage utiles pour les étudiants. Afin de créer des situations d’apprentissage optimales, il faut veiller à créer des travaux de groupe qui ne permettent pas aux étudiants de se répartir le travail afin d’en minimiser la charge. N’oublions pas que les étudiants sont toujours dans une optique d’être le plus stratégique possible, en d’autres termes obtenir le meilleur résultat en fournissant le moindre effort. Dès lors, il est capital de construire les travaux de groupe en veillant à mettre les étudiants en situation d’interdépendance complexe, c’est-à-dire que le travail de chacun dépend de celui des autres et que chaque étudiant doit être en mesure d’expliquer tous les aspects du travail de groupe indépendamment de ce qu’il a effectué.

Voici selon moi 4 bonnes raisons de favoriser les travaux de groupes dans son enseignement :

  • Pour mettre les étudiants en situation d’atteinte d’objectif collectif, par opposition à objectif commun. Avec un objectif commun, tous ont le même but mais chacun peut l’atteindre individuellement, par exemple maîtriser 5 concepts de physique mécanique à une date donnée. Avec un objectif collectif, les étudiants doivent par exemple inventer une machine qui comprend les 5 concepts en question, mais en plus chacun peut être interrogé indifféremment sur n’importe lequel des concepts pour l’évaluation du travail de groupe.
  • Pour créer une véritable interactivité et favoriser ainsi la construction d’un savoir vivant. De plus, il est parfois moins intimidant d’exprimer une incompréhension ou de demander un éclaircissement à des pairs plutôt qu’à son enseignant. En écoutant des explications d’étudiants au sujet d’un concept que j’ai enseigné, j’observe bien souvent que les chemins empruntés par ces-derniers sont différents des miens tout en menant à une destination identique. Cela s’explique par le fait que les étudiants qui viennent d’intégrer de nouvelles notions se rappellent les mécanismes ayant mené à leur compréhension, or il faut bien reconnaître que nous autres enseignants avons le plus souvent oublié le chemin de notre propre apprentissage.
  • Pour enseigner aux étudiants à travailler ensemble sur des projets, et en quelque sorte les habituer dès leurs études à travailler en équipe, situation courante dans leur vie professionnelle future.
  • Pour développer chez les étudiants une forme de responsabilité sociale, et les amener en quelque sorte à prendre conscience dès leurs études de la manière de se comporter professionnellement et de respecter le travail des autres au sein d’une équipe. On peut attribuer une note pour cet aspect du travail de groupe qui relève de l’éthique personnelle et du professionnalisme.

Pour qu’un travail de groupe présente un intérêt pour tous les membres, il faut que le problème ou le cas à résoudre soit plus difficile que ce que le meilleur étudiant parviendrait à solutionner seul. Dans un travail de groupe, les étudiants sont plus forts ensemble et peuvent ainsi travailler sur des problématiques plus complexes qu’ils ne le feraient individuellement, j’aime bien la locution anglaise Stronger together qui résume cette approche en deux mots !

Team-Based Learning: Small Group Learning’s Next Big Step: New Directions for Teaching and Learning, Number 116 (2009) Larry K. Michaelsen (Editor), Michael Sweet (Editor), Dean X. Parmelee (Editor)