Archives mensuelles : juin 2017

Exams: The silent killer of learning!

At this time of the year, I regularly feel uneasy when I think about how student learning is assessed. Indeed, in higher education in Europe – at least, in Switzerland – the learning experience is usually assessed by a final examination that aims to distinguish good results from bad ones.

Let’s face the truth! The best learning experience can be destroyed by inappropriate assessment methods.

In my opinion, it has become an urgent matter to rethink the way we assess student performance in higher education. Assessment should be designed to foster deep learning and absolutely not as a selective punishment or reward.

In European higher education, teaching, learning and assessing are usually designed as three distinct activities which take place chronologically.

The transmissive teaching model centred on the faculty is still valued, and it emphasizes the material rather than the learning experience. This contributes to maintaining a linear approach of three steps: the faculty member prepares to teach, the teaching takes place and, finally, the teacher assesses the students’ performance. In this teaching and learning context, students are passive and learn less effectively than in a student-centred learning environment. Unfortunately, in a purely transmissive approach centred on the faculty, students develop strategies to regurgitate the material on the final exams. It’s a pity, but it’s perfectly logical for a student to try to do what is expected of her to pass an exam.

Assessment affects learning dramatically and impacts student motivation.

New pedagogical approaches have changed this linear model of assessment and have transformed it into an integrated assessment model which is student-centred. Teaching and learning are articulated around a coherent assessment. This integrated assessment model focuses on deep learning. The way student performance is assessed impacts learning strategies, and if a final examination consists of multiple choice questions, students will apply rote learning and are more likely to regurgitate the material. On the contrary, if student performance consists of a portfolio with various aspects and a final analysis, student work will focus on synthetizing, analyzing and even on critical thinking and writing. This way of assessing promotes the development of crucial skills which can be trained throughout the course.

Assessment should trigger learning and not destroy student motivation !

Dumont, A., Berthiaume, D., (2016) La pédagogie inversée. De Boeck

Les examens tuent l’apprentissage

En cette période d’examens, j’éprouve toujours un certain malaise quand je pense à la manière dont les connaissances des étudiants sont évaluées. En effet, dans l’enseignement supérieur en Suisse et à l’étranger, l’expérience d’apprentissage est le plus souvent sanctionnée par un examen final conçu pour ‘trier’ les prestations des étudiants et définir réussite et échec, comme un glas qui sonne une fois par année (ou par semestre) ! Qu’on se le dise, le meilleur des enseignements peut être réduit à néant si les examens finaux censés en mesurer la portée sont réducteurs ou inappropriés.

A mon avis, il devient urgent de se pencher sur la question de comment mettre les évaluations au service de l’apprentissage, et en tout cas pas sous forme d’examen sanction à la fin d’une année académique.

Dans l’enseignement supérieur en général, il n’est pas rare que l’enseignement, l’apprentissage et l’évaluation soient conçus comme trois activités distinctes qui se suivent chronologiquement. Les modèles dans l’enseignement supérieur sous nos latitudes valorisent encore trop souvent le rôle de l’enseignant qui privilégie les contenus au détriment de l’expérience d’apprentissage des étudiants ! Cet état de fait contribue à entretenir une vision linéaire dans laquelle l’enseignant prépare ses contenus et ressources pédagogiques puis donne ses cours, les étudiants suivent (passivement) l’enseignement et voient leurs connaissances évaluées à la fin du processus. Hélas, lorsque l’enseignant est en posture transmissive, sans mettre au cœur de son intention pédagogique l’expérience d’apprentissage, les étudiants développent des stratégies pour ingérer les contenus afin de pouvoir les régurgiter à l’examen. Quoi de plus normal pour un étudiant que de chercher à comprendre comment ses connaissances seront évaluées pour adopter stratégiquement la posture d’apprenant la plus efficace en vue de la réussite ?

Quel gâchis ! Force est de constater que l’expérience d’apprentissage des étudiants est déterminée par la manière dont leurs connaissances seront évaluées. L’évaluation affecte l’apprentissage d’une manière sournoise et silencieuse en se répercutant inexorablement sur la motivation des étudiants

Les nouvelles approches pédagogiques bousculent l’approche linéaire et plaident pour une approche intégrée. L’accent n’est plus porté sur l’enseignant et les contenus mais sur l’étudiant et ses apprentissages. Les pratiques d’enseignement invitent à articuler les activités d’enseignement et celles d’apprentissage dans un principe de cohérence (Marcel Lebrun (2012) que l’on qualifie d’approche intégrée. Cette approche intégrée permet de mettre l’évaluation au service de l’apprentissage, les modalités retenues en termes d’évaluation ont un impact sur les stratégies d’apprentissage. Si on prend l’exemple d’un examen final sous forme de QCM sans documentation, cela incitera les étudiant-e-s au bachotage. Si on prend l’exemple de l’évaluation autour de la production d’un dossier comprenant différentes pièces et une analyse finale, l’étudiant sera invité à travailler dans la continuité et à exercer des compétences de synthèse et d’analyse, sans compter les compétences d’écriture. Dans ce cas, l’évaluation est pensée en fonction des compétences à développer et donne l’occasion à l’étudiant-de les exercer avant l’évaluation finale.

Bref, vous l’aurez compris, je pense qu’il devient urgent de repenser l’évaluation comme levier d’apprentissage et non comme mesure sanction !

Dumont, A., Berthiaume, D., (2016) La pédagogie inversée. De Boeck