Archives mensuelles : novembre 2016

5 questions pour soutenir l’apprentissage

L’apport du questionnement relève de Socrates et est toujours aussi précieux pour guider l’expérience d’apprentissage . Pour ceux qui lisent mes billets, j’ai déjà évoqué à plusieurs reprises l’importance de la réflexivité dans toute forme d’enseignement. Il existe toutefois différentes manières de questionner pour stimuler l’apprentissage. Il y a les questions relatives au champ disciplinaire (pour vérifier l’acquisition de connaissances) et puis il y a celles qui portent sur une dimension plus personnelle de l’apprentissage (pour vérifier la compréhension en profondeur), et c’est bien de celles-là dont il s’agit dans ce billet.

Lorsque j’ai commencé à demander à mes étudiants ce qu’ils aimaient ou non, ce qu’ils trouvaient facile/difficile dans mon cours, force a été de constater que mes suppositions préalables étaient très souvent erronnées. En d’autres termes, les étudiants identifiaient des éléments de leur expérience d’apprentissage que j’avais sous-estimé ou même tout simplement omis de prendre en compte.

Depuis ce constat, j’intègre désormais des pauses réflexives régulières dans mon enseignement, ce qui permet à mes étudiants de prendre du temps pour réfléchir, s’interroger, mémoriser et intégrer la construction de leurs connaissances et apprendre à connaître ses forces, ses faiblesses d’apprenant. Les cinq questions ci-dessous ont pour but de les aider à identifier leurs profil d’apprenant et à faire des liens avec leurs connaissances préalables.

Voici 5 questions-clé pour favoriser la réflexivité des apprenants :

  • Qu’avez-vous trouvé intéressant, intriguant ou au contraire ennuyeux dans mon cours ? Pourquoi ? Qu’avez-vous trouvé facile/difficile dans mon cours et pourquoi ?
  • Si vous étiez à ma place d’enseignante, la veille du même cours, qu’est-ce que vous feriez différemment et pourquoi ?
  • Quel conseil donneriez-vous à un étudiant venu de l’étranger pour suivre mon cours ? Qu’est-ce qui d’après vous pour l’aider à réussir et pourquoi ?
  • Qu’avez-vous appris d’utile ? Quel lien faites-vous avec votre futur professionnel ?
  • Qu’est-ce que vous souhaitez apprendre dans cette branche ? Quel genre de problème aimez-vous résoudre ?

L’art de questionner, c’est avant l’art d’écouter et écouter c’est d’abord se taire. Même si cela peut paraître évident, ce n’est pas si simple car l’enseignement suppose d’être actif, notamment dans une posture classique transmissive et réactive. En réalité, pratiquer les pauses réflexives dans l’esprit socratique de la maïeutique consiste à adopter une posture bienveillante, c’est-à-dire une capacité de l’enseignant à se mettre à la place de ses étudiants, à adopter leurs grilles de lecture et à ressentir leurs sentiments et émotions. Cette bienveillance stimule une authenticité de part et d’autre en lien avec une confiance et un respect mutuel. Dans un tel environnement d’apprentissage, les étudiants n’ont pas peur de s’exprimer, de faire des erreurs et de recevoir du feedback constructif, offrant ainsi non seulement une attention portée à toutes les dimensions de l’apprentissage mais également une aide réelle à la réussite.

Lafortune, L., Jacob, S., & Hébert, D. (2000). Pour guider la métacognition. Québec : Presses de l’Université du Québec.