Archives mensuelles : janvier 2016

Train to Perform

Higher education is in a murky situation. Competition is on the rise, and many institutions, including universities and vocational schools, must produce tangible and measurable results to attract students – what I call the “obligation to perform.” Job-readiness, curricular quality, fundamental and applied research, the number of publications and the reputation of faculty members, among other elements, are key criteria that higher-education institutions can use to differentiate themselves and allow others to compare and contrast the quality of their respective curricula.

Training faculty members is the most important initiative in this competitive context – and I see three main opportunities:

1) An opportunity to foster the professional development of faculty members

In higher education, faculty members are more likely to reproduce the teaching patterns they experienced during their student years, and to train the younger generation the same way they were trained several years ago! However, in a typical university auditorium, only 3% of students will ever embrace a teaching career; therefore, that number is not a representative sample of the student population. In other words, teaching patterns that applied successfully to a student who became a teacher may not apply well to the majority of students. Implementing a curriculum means being open to the idea that the curriculum may not be adapted to current situations, and accepting the idea that a more interactive and less pedagogic approach may be better. The professional development of faculty members has an impact on students’ learning experience and, consequently, the quality of training.

2) An opportunity to foster teaching innovation

When faculty-training curricula are based on new educational concepts or strategies aimed at improving existing teaching approaches, faculty members are more likely to embrace the programs because they are not faced with cases of professional incompetence or teaching shortcomings. Pedagogic innovation promotes new and empowering teaching paradigms, rather than focusing on possible weaknesses in existing paradigms. Typically, there is widespread enthusiasm when new teaching models are introduced, only to be followed by strong disinterest – some type of birth, growth and decline of educational innovation X or Y. This up-and-down movement does not really matter because, ultimately, the strongest aspect of any innovation lies in its ability to draw interest from faculty members and make them understand that change is, indeed, in their interest.

3) An opportunity to take care of faculty members

Teachers represent the second-most exposed group to the syndrome of “professional fatigue” (the medical community being the first). I think this is a serious situation, and whenever we can support faculty members, we should.  An unhappy teacher will most likely perform worse than a happy one, and students’ overall learning experience will undoubtedly be affected. Public authorities and higher-education officials must therefore foster an occupational environment that is safe and supportive and provide effective training curricula to faculty members.

Universities and vocational schools that effectively seize these opportunities can reap three benefits: high-quality programs, higher student enrollment, and happier faculty members. I believe one of the best ways to improve teaching quality is to train faculty members in higher education, so that academic institutions can perform better. (Berthiaume & Rege Colet)

Berthiaume, D., & Rege Colet, N. (2015) La pédagogie de l’enseignement supérieur : repères théoriques et applications pratiques

Former pour performer

L’enseignement supérieur se trouve dans un contexte chahuté ! La concurrence est de plus en plus féroce dans le paysage de l’enseignement supérieur et les hautes écoles ont désormais l’obligation de produire des résultats tangibles et mesurables pour faire la différence et attirer les étudiants, ce que j’appelle l’obligation de ‘performer’ ! Employabilité, qualité de la formation, recherche appliquée et fondamentale, nombre de publications, renommée des enseignants sont autant de critères pour permettre aux universités et hautes écoles de se démarquer et de comparer entre elles la qualité de leurs formations. La formation des enseignants est au cœur de l’enjeu de cette âpre concurrence et j’y vois 3 opportunités :

  • Une opportunité pour favoriser le développement professionnel des enseignants. La tendance bien naturelle des enseignants du supérieur est de reproduire ce qu’ils ont eux-mêmes connu dans les amphis et à enseigner comme eux-mêmes ont été enseignés ! Or dans un auditoire d’université, seuls 3% des étudiants deviendront enseignants du supérieur un jour, ils ne sont donc absolument pas représentatifs des autres étudiants. En d’autres termes, ce qui a bien fonctionné pour un étudiant devenu enseignant n’est pas représentatif de la majorité. Offrir des formations c’est promouvoir l’adhésion au changement de sa conception d’enseignement pour adopter une posture le plus souvent moins transmissive et plus interactive. Le développement professionnel des enseignants a un impact sur l’expérience d’apprentissage des étudiants, et donc de la qualité de la formation.
  • Une opportunité pour favoriser l’innovation pédagogique. Lorsque les formations proposées aux enseignants s’appuient sur de nouvelles conceptions d’enseignement ou de nouvelles stratégies pour enseigner de manière efficace, il est plus aisé d’y faire adhérer les enseignants car ils ne sont pas mis en face d’une incompétence professionnelle ou d’une lacune pédagogique. L’innovation pédagogique permet au contraire de ne pas s’attarder sur les éventuelles faiblesses d’un enseignement pour proposer des pistes nouvelles et valorisantes. On assiste souvent à un engouement du début puis à une retombée de l’enthousiasme général, une sorte de naissance et de déclin de l’innovation pédagogique X ou Y. Cela a finalement peu d’importance car au final, l’intérêt de toute innovation réside dans sa capacité à mobiliser les enseignants dans des postures de réflexivité favorables au changement.
  • Une opportunité pour prendre soin des enseignants. La population enseignante est la deuxième population la plus à risque face au syndrome d’épuisement professionnel (après le monde médical et le personnel soignant). Selon moi, la situation est grave et toute occasion d’entrer dans une relation d’accompagnement et de soutien est souhaitable. La prestation d’enseignement d’un prof en détresse sera incontestablement de moins bonne qualité que celle d’un enseignant ‘heureux’ et l’expérience d’apprentissage des étudiants s’en ressentira immanquablement. Il est de l’intérêt des institutions de veiller à créer un cadre de travail sain et d’offrir formation, accompagnement et soutien aux enseignants.

Les institutions du supérieur qui saisissent ces opportunités sont le plus souvent récompensées par des formations de qualité, des étudiants nombreux et des enseignants heureux ! Former les enseignants du supérieur pour permettre aux institutions du supérieur de performer me semble donc être un des clés pour augmenter la qualité de la formation !(Berthiaume & Rege Colet)

Berthiaume, D., & Rege Colet, N. (2015) La pédagogie de l’enseignement supérieur : repères théoriques et applications pratiques

La magie des petits pas…

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Le langage des bonnes résolutions en début d’année me parle peu ! Souvent trop exigeantes ou peu réalistes, ces fausses ‘bonnes résolutions’ empêchent plus qu’elles ne favorisent un changement désiré et espéré pour la nouvelle année ou le futur en général. Je crois aux petits pas, aux petits changements, parfois imperceptibles sur le moment mais porteurs de changement en profondeur dans le temps ! Loin de moi l’intention de décourager la réflexion et la remise en question que la nouvelle année favorise, bien au contraire, le changement doit être pensé de manière réaliste et réalisable… par la politique des petits pas ! Et pour se lancer dans des changements durables et profonds, selon moi, il est utile de réfléchir aux 3 points ci-dessous :

  • Clarifier ses objectifs est la base de tout changement désiré ! Comment espérez-vous vous sentir dans un an ? dans cinq ans ? Si par exemple vous souhaitez partir enseigner à l’étranger pendant une année, ne vous laissez pas décourager par des détails logistiques du style : ‘qui va s’occuper de ma maison ou de mon chat’, mais imaginez plutôt votre vie rêvée dans une université étrangère. Cette première étape met en route le processus de la construction d’un pont vers le futur. La seule manière d’atteindre un objectif c’est de commencer par en avoir un !
  • Identifier les petits pas qui vont vous conduire vers votre état désiré. Commencez par visualisez votre état désiré, ce que le coaching exprime par l’expression très imagée et inspirante de ‘construire un pont vers le futur’. Si votre vision à long-terme consiste à créer votre propre école, écrire un livre ou partir enseigner à l’étranger, je vous encourage à commencer par identifier les premiers pas vers ce chemin, les premières fondations de votre pont vers le futur. Il est fort possible que votre destination finale soit différente de votre intention de départ, mais le chemin compte plus la cible et nul doute que les détours, surprises ou obstacles de ce voyage vous apporteront un enrichissement personnel et professionnel gratifiant.
  • Anticipez les obstacles et les difficultés avant de vous mettre en route. Tout voyage qui vaut la peine aura ses travers, ses peines et ses déceptions. Lorsque cela se produira, pensez à ce que vous en retirez, ce que vous aurez appris et comment cela s’est produit. Il se peut que vous deviez revenir en arrière et adapter votre destination, il se peut également que cela vous aide à consolider votre chemin et à vous rendre plus fort. La curiosité est la plus grande qualité à cultiver dans ce type de situation, cherchez toujours à comprendre pourquoi et comment un imprévu empêche d’atteindre votre objectif en ligne droite.

J’ai été impressionnée par le film JOY, en ce moment au cinéma, qui retrace bien ces 3 étapes ci-dessus. J’ai aimé le chemin de JOY, Jennifer Lawrence, qui passe par les trois étapes décrites ci-dessus, mais surtout qui attend 17 ans avant de se mettre en route vers son rêve ! Il n’est jamais trop tard pour rêver un futur prometteur et inspirant… qui commence par de petits pas !

Découvrir le coaching (2013) 2e éd. (Développement personnel et accompagnement)

Vincent Lenhardt  Laurent Buratti