Archives mensuelles : juin 2015

Rompre la solitude de l’enseignant

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On entend souvent des critiques et des commentaires peu amènes à l’encontre du statut des enseignants du supérieur. Qu’il s’agisse de leur emploi du temps, de la durée de leurs vacances ou de la sécurité de leur emploi, les enseignants sont régulièrement exposés à des attaques plus ou moins élégantes. Les auteurs de ces commentaires, infondés à mes yeux, ne se penchent pas sur la part cachée du plus beau métier du monde. En effet, rares sont les observateurs extérieurs qui constatent le frappant constat de solitude qui étreint les enseignants dès leur premiers pas (Shulman, 1993)! Presque la totalité des activités en lien avec l’enseignement sont planifiées et organisées dans une configuration qui institutionnalise la solitude de l’enseignant. Solitude face aux étudiants, solitude face aux choix disciplinaires et pédagogiques, solitude face à la gestion d’un calendrier exigeant et solitude face aux corrections et aux insatisfactions ou frustrations toujours possibles de la part des étudiants. Il est peu habituel de parler ouvertement de questions pédagogiques avec ses collègues. L’idée que l’activité d’enseignement est relativement privée et relève de la liberté académique individuelle est fortement répandue. Or, où trouver des réponses à ses questions pédagogiques et comment recevoir du feedback à propos de ses pratiques d’enseignement si l’on n’a pas d’occasion d’en parler et d’en débattre ?(Berthiaume & Rege Colet-Johnson, 2013)

C’est la situation paradoxale d’une profession pour laquelle il faut démontrer des qualités de leader tout en acceptant d’être un rouage du système de formation auquel on appartient.

Cette solitude bien réelle renforce une approche de plus en plus individualiste de la profession. Or, dans une société où les étudiants déposent leurs ressources dans des dossiers de partage tels que dropbox, il est du ressort des enseignants de s’en inspirer. En effet, dans un contexte où la production des activités devient de plus en plus chronophage, il est plus que jamais important pour les enseignants de mutualiser leurs ressources et de partager leurs productions. En effet, pour jongler entre l’appropriation de nouveaux canaux d’enseignement pour externaliser l’enseignement et les tâches habituelles, il devient impératif d’entrer dans la logique de la mutualisation et du partage des savoirs et des productions pédagogiques.

D’ailleurs, le besoin de partager, d’échanger, d’apprendre de ses pairs se fait de plus en plus sentir sur le terrain et engendre la création presque spontanée de communautés de pratique chez nombre d’enseignants du supérieur. Prenons l’exemple de professeurs qui se lancent dans la pédagogie inversée et qui réalisent l’importance d’externaliser les savoirs dans des capsules vidéo afin d’optimiser le temps en présentiel. Ces enseignants-là investissent un temps fou (je sais car j’en fais partie) dans l’apprentissage de nouveaux logiciels, tels camtasia, qui leur permettent de construire des vidéos de manière presque professionnelle afin de les mettre ensuite en ligne à l’intention de leurs étudiants. En tant que conseillère pédagogique, je suis régulièrement impressionnée par ces enseignants qui produisent des capsules dignes de professionnels de montage vidéo et qui sont heureux d’en faire bénéficier un maximum de collègues et par là-même d’étudiants. C’est donc avec joie que je constate l’éclosion de nouvelles communautés de pratique dans toutes sortes de contextes d’enseignement, physique, hydrogéologie, langues étrangères, traitement du signal,…

 

Les communautés de pratique sont utiles pour (Berthiaume & Rege Colet-Johnson, 2013) :

 

  • Pour apprendre de ses collègues
  • Pour mutualiser les ressources
  • Pour améliorer les productions
  • Pour bénéficier de l’expérience des autres
  • Pour partager les nouvelles production

A mes yeux, le rôle des enseignants est plus que jamais essentiel pour les étudiants, dans une classe inversée ils passent de la posture de transmetteur à celle d’éveilleur, de guide, d’accompagnateur. Forte de ce constat, j’ai la conviction que plus le numérique et les technologies prennent de place dans le paysage de l’enseignement du supérieur et plus les interactions humaines s’intensifient, notamment par l’éclosion de communautés de pratique. Qui a dit que les ordinateurs remplaceraient les professeurs ?

Berthiaume, D., & Rege Colet-Johnson, N. (Eds.). (2014). La pédagogie de l’enseignement supérieur : repères théoriques et applications pratiques. Bern: P. Lang.

Shulman. (1993). Teaching as Community Property, Putting an End to Pedagogical Solitude. Change, 25(6).

 

J’enseigne avec Google+

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J’enseigne avec Google +

Selon une étude récente, les étudiants passent en moyenne 4.3 heures par jour sur internet, le saviez-vous ? Des tutoriels, forums, sites internet, vidéos, logiciels constituent leur environnement personnel de loisirs et d’apprentissage. Plus la peine de s’embarrasser d’un dictionnaire pour traduire un mot ou donner une définition, certains sites internet s’en chargent très efficacement et vont parfois même jusqu’à proposer la prononciation des mots et des traductions approximatives de textes qui en permettent la compréhension globale. Lorsqu’ils rencontrent un problème d’apprentissage, les étudiants cherchent en premier lieu une vidéo ou tutoriel pour les aider dans leur compréhension, de leur propre aveu, ils n’ouvrent pour ainsi dire jamais les livres onéreux qu’ils ont dû acheter en début d’année académique. Mes étudiants, de futurs ingénieurs, sont familiers de khanacademy.org alors que certains de leurs enseignants en ignorent même l’existence ! Ce qui signifie un environnement d’apprentissage, éclaté au contraire des Learning management system (LMS), centralisé. Certains auteurs (Terry AndersonRon LubenskyMark van Harmelen) mettent en avant l’aspect numérique du système (logiciels, applications, service web) tandis que d’autres (Clive Shepherd…) y ajoute les ressources physiques (famille, amis, livres, magazine, journal, télévision…). Dans les différents définitions, le même objectif d’un EAP apparaît : construire et gérer soi-même ses apprentissages, se prendre en main. Le formateur Marc Dennery résume l’EAP comme l’« ensemble des outils et méthodes à disposition de l’apprenant lui permettant de réussir ses objectifs d’apprentissage » (source Wikipédia).

Dans ce contexte où l’EAP, l’environnement d’apprentissage personnel (le PLE anglais, personal learning environment) constitue l’environnement d’apprentissage privilégié de la génération Y, née entre les années 80 et 2000 (Davidenkoff, 2014). Selon moi, il devient incontournable pour les enseignants de s’approprier les mêmes outils technologiques que leurs étudiants. Forte de ce constat, je me suis familiarisée avec Google+ pour en faire un environnement d’apprentissage qui parle à mes étudiants et qui les engage  dans des activités à distance. Tout d’abord timidement, j’ai déposé des documents sur google drive, puis je leur ai demandé de travailler de manière collaborative sur les mêmes documents. A ma grande surprise, non seulement je n’ai pas eu besoin de donner des explications sur la manière de procéder, mais en plus les étudiants se sont mis à suggérer des manières de faire plus évoluées, avec conception et intégration de podcasts faits par leur soins. Notre page google+ est devenue un lieu d’échange, de discussions, de partage de vidéos en lien avec la matière enseignée. Je n’ai jamais dû intervenir en tant que modératrice, les choses se faisant naturellement, avec une éthique et un respect presque innés si j’ose dire.

Pourquoi Google+ ?

  • Parce que c’est facile et intuitif
  • Parce que c’est gratuit
  • Parce que c’est fiable
  • Parce que c’est un EAP familier aux étudiants

Cette première expérience s’est avérée concluante, je suis convaincue de la pertinence d’ajuster mon enseignement à l’environnement d’apprentissage de mes étudiants, et je me réjouis de la prochaine année académique afin d’optimiser l’expérience d’apprentissage de mes étudiants en utilisant des canaux auxquels ils sont familiers dès le premier jour de cours !  ‘Il n’y a pas si longtemps que cela, les enseignants avaient la garantie que ce qu’ils enseignaient serait utile à leurs étudiants pour leur vie entière. Aujourd’hui, en raison de la rapidité avec laquelle le monde change, les écoles doivent préparer les étudiants à des emplois qui n’existent pas encore, des technologies qui n’ont pas encore été inventées et des problèmes qu’on ignore encore !’ (Andreas Schleicher, Directeur Education OCDE)

Davidenkoff, E. (Ed.). (2014). Le tsunami numérique : éducation, tout va changer ! Etes-vous prêts ? Paris: Stock.

 

Bologne et interactivité!

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Ce billet pourrait s’intituler : Bologne et l’interactivité ou quand le monde politique fonde ses décisions sur les résultats de recherches en sciences de l’éducation. Lors du sommet qui s’est tenu à Yerevan en mai dernier, les ministres de l’éducation de l’éducation des 47 pays de l’EHEA (European Higher Education Area) se sont mis d’accord pour ajouter un nouveau standard en matière d’assurance qualité dans le paysage de l’enseignement supérieur. Ce standard exprime que l’obligation pour les institutions (exprimé par le ‘should’ anglais) de désormais tenir compte de l’interactivité dans les programmes d’enseignement et de créer des conditions dans lesquelles les étudiants co-construisent processus d’apprentissage et contextes d’études. On entre de plein pied dans des cursus de formation centré sur les apprenants ! Quel bonheur !

De nombreuses méta-analyses mettent en évidence l’importance de l’interactivité dans les processus d’apprentissage. D’ailleurs, une étude récente et très souvent citée de Freeman (2014), synthétise 225 analyses comparatives de situations d’enseignement d’une part transmissives et d’autre part interactives et démontre de manière scientifiquement prouvée que les conditions de réussite sont 1.5 fois plus grande dans un environnement d’apprentissage interactif plutôt que transmissif, comprenez cours ex-cathedra. En d’autres termes, les étudiants qui suivent des cursus en mode purement transmissif ont un risque d’échec nettement accru. Ce constat, choquant à mes yeux, n’est pas nouveau et nécessite une remise en question des méthodes d’enseignement classiques en mode purement ex-cathedra. Ce qui est donc nouveau, selon moi, c’est la volonté politique clairement exprimée au plus haut niveau d’imposer des cursus de formation centrés sur les apprenants.

Dès lors se posent 3 questions :

  • Comment appliquer sur le terrain cette volonté politique ? Quels moyens ? Quelles ressources ? Quels choix pédagogiques et pourquoi ? Quels contrôles sur la mise en application de ces choix ?
  • Comment former tous les enseignants ?
  • Comment s’assurer que tous les étudiants puissent expérimenter un apprentissage centré sur leurs profils d’apprenants ?

Quelles sont les réponses à ces questions ? Les institutions qui tentent de répondre à ces questions s’interrogent sur les modalités et l’importance de la formation des enseignants en lien avec une expérience d’apprentissage centrée sur les apprenants. Le service de développement professionnel de la Haute Ecole Spécialisée de Suisse Occidentale, http://devpro.hes-so.ch développe une offre de des formations à l’intention des enseignants qui va dans le sens du nouveau standard issu du sommet de Yerevan.  Interactivité,  enseignement par projets, pédagogie inversée, outils pour la classe inversée sont quelques-unes parmi la centaine de formations proposées sans cesse renouvelées et actualisées. Afin de soutenir le développement professionnel du personnel enseignant, la HES-SO vient de créer un réseau interne de conseillers pédagogiques de proximité pour couvrir les besoins de ses 28 écoles. L’innovation pédagogique est également disséminée et plus de deux cents enseignants ont été sensibilisés à la pédagogie inversée en quelques mois. Ce constat met en lumière le fait que certaines hautes écoles et universités appliquent déjà le principe de cohérence entre les choix politiques, les méthodes pédagogiques et la qualité de l’enseignement. La Suisse n’est pas à la traîne !

Freeman, S. (2014). Active learning increases student performance in science, engineering, and mathematics. National Academy of Science.

Métacognition et réussite!

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Ce qui distingue l’être humain des autres mammifères est la métacognition, c’est-à-dire sa capacité à réfléchir sur ses processus mentaux. Il m’a fallu beaucoup de temps pour intégrer cette dimension consciemment afin de l’exploiter pour continuer à me développer intellectuellement, émotionnellement et professionnellement. J’ai ainsi appris à observer mes pensées, sans les juger, et à les accepter comme un flux ininterrompu de mon activité cérébrale. Prendre de la distance avec ses pensées pour mieux les comprendre et mieux les utiliser donne un très grand pouvoir, améliore les performances et apporte une grande sérénité, c’est du moins ce que j’ai expérimenté.

Dès lors comment amener mes étudiants à développer efficacement leur propre métacognition, comment les aider à exploiter les capacités de leur cerveau de manière consciente ? Comment leur donner les outils pour décoder leurs propres processus mentaux ? De quelle manière les amener à prendre conscience de la puissance de la métacognition ?

L’externalisation des savoirs (comprenez le ‘google power’) et la complexité des nouvelles problématiques mettent les enseignants dans d’autres postures. En parallèle, la recherche nous dit que plus les étudiants comprennent comment ils pensent, mettent en lien et construisent les connaissances et mieux ils réussissent. Dès lors, il devient presque criminel pour les enseignants de ne pas intégrer des stratégies d’enseignement qui favorisent les processus métacognitifs chez les étudiants. Voici trois stratégies qui fonctionnent bien avec mes étudiants.

  • Parler aux étudiants d’intelligence émotionnelle et d’identité neuro-anatomique peut les aider à réussir leurs études. En effet, comprendre l’impact du stress et des émotions sur la capacité d’apprentissage donne des clés et change la compréhension des processus mentaux. Dans l’article qui a inspiré ce billet, Lori Desautels met en évidence 4 notions fondamentales des neurosciences à intégrer pour comprendre la métacognition : la plasticité neuronale (le cerveau est un système dynamique en perpétuelle reconfiguration), le cortex préfrontal (la zone de régulation émotionnelle, d’attention et de résolution de problèmes), le système limbique, dont l’amygdale (qui génère peur et agressivité et bloque le cortex préfrontal) et l’hippocampe (impliqué dans la mémoire à long terme). Par exemple, comprendre comment fonctionne le stress permet d’en diminuer l’impact et d’améliorer les processus mentaux afin de ne plus en être victime.
  • John Dewey le dit depuis le dit depuis plus d’un siècle, on n’apprend pas en faisant les choses mais en réfléchissant sur comment on a fait ces choses. Le questionnement est un outil puissant pour amener les étudiants à réfléchir sur leur travail et à faire des liens entre l’ancienne connaissance et la nouvelle connaissance pour construire le savoir. ‘Pourquoi pensez-vous cela ?’ ‘Comment le démontrer ?’ ‘Quelles questions de controverse pouvez-vous faire émerger ?’ La maïeutique de Socrates est toujours d’actualité !
  • Lorsque je donne un travail préparatoire à distance, je demande toujours aux étudiants ce qu’ils ont trouvé difficile, ou facile, ce qu’ils trouvent intrigant, intéressant et pourquoi. Il en ressort non seulement une mine d’informations utiles pour construire mon cours mais également une reconnaissance chez mes étudiants qui perçoivent la bienveillance de la démarche. Je suis toujours surprise de lire des commentaires détaillés et précis qui me permettent de donner des ressources individualisées dans le cadre de ma classe inversée pour aider individuellement les étudiants à résoudre les difficultés d’apprentissage rencontrées.

A ces stratégies, s’ajoutent les parenthèses pédagogiques pour expliquer certains processus mentaux lorsque l’occasion se présente et pour donner la possibilité à ceux qui le souhaitent d’exprimer leur manière de faire. Je provoque ainsi un partage sur ce qui fonctionne bien chez certains étudiants, moins bien chez d’autres ; je profite toujours de l’occasion pour mettre en lumière les différents profils d’apprenants et encourager ainsi la métacognition chez mes étudiants. Le temps en présentiel favorise les échanges, les interactions, les questionnements, la métacognition. A mes yeux, petite poucette (nom poétique de Michel Serres pour désigner les digital natives qui écrivent sur leur téléphone avec leurs pouces) a plus que jamais besoin de son prof !

http://revelationineducation.com/metacog-what-a-new-way-to-teach-students-about-their-own-thinking/

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The 4 top ways to prepare exams

 

As a teacher, have you ever experienced a situation in which a student comes to see you in your office to ask you why despite having worked hard he or she obtained a disappointing exams result of ____ (insert the corresponding mark here) ? I always feel bad, as if my teaching had failed somehow. As a result I think hard about what to say, do or teach in order to avoid having students in such distress in the future. However, what are the right words to say? Is there a miracle solution?

What research tells us about winning learning strategies is that students’ attitudes, behaviours or learning routines affect directly the effectiveness of learning. However, it’s impossible to define precisely best practice, indeed the best way to learn depends on several factors, included context, students’ learning profiles and students’ personal learning environment.

Nevertheless, teachers should introduce and suggest winning learning strategies to students. Here are the top 4 winning strategies I present to my students.

1) Students should plan a daily schedule and give themselves regular breaks. Athletes aren’t expected to be physically performant 14 hours a day, 7 days a week. We should expect the same for brain work and mental focus. The ideal rhythm between work and breaks to foster deep learning should be close to the following pattern: 15 minutes break every 2 hours, one hour lunch break and a good night of sleep. Burnout is a real threat and it’s essential for students to protect themselves from stress more particularly during exams preparation.

2) Students must find ways to connect new knowledge with prior knowledge in order to foster deep learning. It’s faculty’s duty to help them to do so. I’m always scared by faculty who teach stand and deliver lectures without interactivity and who don’t encourage students to put new knowledge in perspective with real life situations. I always try to do so as I’m deeply aware that this is best way to foster deep and long learning. Encouraging students in finding real life examples to illustrate new concepts helps them to make essential connections. Thus I organize my teaching allowing time for peer discussions, and reflexive pauses in order to address misconceptions and integrate new knowledge meaningfully.

3) Students who take a few minutes to review notes prior to the following course are more successful. Reviewing notes regularly gives an opportunity to contextualize new knowledge and avoid losing time to focus at the beginning of the following class meeting. Moreover, students who review their notes on a regular basis prior to the next course often come back to school with strategic questions which address misconceptions. At the moment of making notes, students usually have the feeling they understand what they write. However, when the same students review their notes on new material, unexpected questions occur. It’s not rare to observe that what seemed clear at the time becomes difficult to explain.

4) I readily add a fourth piece of advice: the art of making lists! When preparing exams, the task may seem impossible to achieve because of too many topics, too much material! ‘From where should I start?’ is a common question among students. My advice is to make a list and take one thing at a time, slowly but surely, and put a tick in the corresponding line once it’s done. Dividing material into sequences with realistic and attainable objectives allow students to achieve more work and study more effectively. It’s the backwash strategy, beginning from the learning outcomes to the first steps of study. Making lists brings another positive element: lowering the feeling of guilt and reinforcing self-esteem.

It’s essential to help students understand what works best for them. As an educational developer, I always encourage faculty to do so at the beginning of every academic year. Believe me, it’s worth spending some time on talking about students’ learning styles!

McKeachie, W. J., Svinicki, M. D., & Hofer, B. K. (2006). McKeachie’s teaching tips : strategies, research, and theory for college and university teachers (12th ed.). Boston: Houghton Mifflin.

Examens et stratégies gagnantes

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Cela vous est-il déjà arrivé de recevoir un étudiant dans votre bureau qui dit avoir énormément travaillé pour votre matière et ne pas comprendre la note de ___ (insérer la note qui convient) à l’examen ? Ce type de situation engendre chez moi un constat d’échec qui me conduit à tout mettre en œuvre pour éviter que cela ne se reproduise. Mais que répondre à cet étudiant ? Existe-t-il une recette miracle ?

La recherche a tenté de classer les techniques d’apprentissages afin d’identifier les plus performantes. Elle a mis en évidence que les attitudes, comportements ou habitudes d’apprentissage ont un lien direct avec la performance académique sans toutefois pouvoir déterminer les meilleures stratégies d’apprentissage, car cela varie en fonction des contextes. Il n’y a donc pas de recettes miracles mais des comportements qui favorisent la réussite.

Ainsi donc, on peut néanmoins suggérer des stratégies gagnantes à nos étudiants en mal de succès. En voici 3 qui  me paraissent importantes en cette période de préparation d’examens :

  • Planifier quotidiennement son temps de travail et s’accorder régulièrement des pauses. On n’attend pas d’un athlète qu’il soit performant physiquement 14 heures par jour 7 jours sur 7. Il en va de même pour le travail cognitif et la performance intellectuelle. S’octroyer une pause de 15 minutes toutes les deux heures, une vraie pause repas d’une heure et une bonne nuit de sommeil sont des comportements essentiels pour une bonne hygiène de vie et permettre au cerveau de bien fonctionner et d’être productif. Le syndrome d’épuisement est une réelle menace qui guette les étudiants en période d’examens !
  • Créer des liens entre la matière nouvellement acquise et les connaissances existantes permet d’expérimenter un apprentissage en profondeur et de construire durablement des savoirs bien vivants par opposition à des savoirs morts. J’encourage toujours mes étudiants à mettre en perspective leur apprentissage avec des situations de la vie réelle, si possible proche de leur réalité.

Trouver des exemples concrets, adopter une attitude réflexive et en discuter avec un collègue d’étude permet non seulement de faire des liens mais également d’intégrer durablement une matière nouvelle.

  • Revoir les notes de cours avant chaque nouvelle rencontre avec l’enseignant ou ses collègues d’études permet de contextualiser les situations d’apprentissage et de gagner du temps pour se mettre au travail. Il n’est pas rare de constater que les étudiants qui pratiquent cette discipline reviennent avec des questions de compréhension. Au moment de la prise de notes, tout semble clair et un sentiment de compréhension domine, lorsque l’on revoit la matière à froid et qu’on essaie de se l’expliquer, les incompréhensions, fausses représentations et lacunes se mettent en lumière.

A ces trois conseils, j’ajoute volontiers celui de la liste des choses à accomplir pour chaque journée d’études. En période de préparation aux examens, je préconise la politique des petits pas. Etudier une chose après l’autre tranquillement mais sûrement permet d’atteindre des hauteurs en matière de connaissance. Séquencer son temps d’études avec des objectifs réalistes et mesurables offre également l’avantage de réduire un sentiment de culpabilité latent en période de préparation d’examens. Elaborer une liste des points à maîtriser et constater que le travail a été fait renforce la confiance en soi, toujours fragilisée en période d’examens.

Il est important de prendre du temps avec les étudiants, si possible en début d’année académique, pour les faire réfléchir sur leur style d’apprenant et les techniques d’apprentissage qui fonctionnent bien pour eux.

Pour aller plus loin dans les stratégies d’apprentissage efficace, je vous recommande McKeachie, W. J., Svinicki, M. D., & Hofer, B. K. (2006). McKeachie’s teaching tips : strategies, research, and theory for college and university teachers(12th ed.). Boston: Houghton Mifflin.